" La brodeuse de Winchester "

 


Septembre 2026
(Début de mois)


Les matins sont gris et les après-midis chauds. 
Le gang des pigeons me regarde toujours à chaque fois que je passe devant les fenêtres de la cuisine. Quant aux chatons de la voisine, ils ont disparu. Même les mères ne sont plus visibles et restent inaudibles. Je ne peux m’empêcher de ressentir un pincement au cœur à l’idée qu’il ait pu leur arriver du mal.


Suite à ma récente inscription à la médiathèque, j’ai enfin pu lire "La brodeuse de Winchester", de Tracy Chevalier. Une auteure que j’apprécie beaucoup. En effet, elle me donne le sentiment de voyager dans le temps et elle me permet d’enrichir ma culture personnelle ainsi que mon vocabulaire. Car les romans de T. Chevalier s’appuient toujours sur des personnes et des œuvres d’art ayant réellement existées.

Dans "La brodeuse de Winchester", il est question de Violet, femme « excédentaire » de 38 ans, ayant perdu père, frère et fiancé durant la guerre 14-18. L’histoire se déroule en 1930, elle décide de quitter sa mère, devenue invivable avec la perte de ses derniers, et trouve son indépendance à Winchester, grâce à un emploi de dactylo dans les assurances. Cet élan vers l’ailleurs et sa détermination lui permettront de découvrir la guilde des brodeuses de la Cathédrale de Winchester, et de s’y faire des amies précieuses. Ce sera également l’occasion pour elle de retrouver un sursaut de vie en la personne d’Arthur, sonneur de cloches. 
Mais Tracy Chevalier ne s’arrête pas là. En effet, en se servant du contexte historique, elle va bousculer les injonctions faites aux femmes et montrer la façon dont celles-ci vont chercher à affirmer leur choix de vie, en dépit du prix à payer.    

J’ajoute qu’à la fin de l’ouvrage se trouve une merveilleuse bibliographie sur laquelle elle s’est  appuyée pour écrire son livre, et qui nous permet d’aller plus loin encore dans le monde de la broderie de Winchester et de l’art de sonner les cloches.

A noter, également, que l’un des personnages du roman, Louisa Pesel, a vraiment existé. Première présidente de la guilde des brodeuses, en 1920, c’est à la demande de Mgr Woods, évêque de Winchester, qu’elle réalisa dans les années 1930, avec Sybil Blunt, de nombreux projets pour la cathédrale, tels que des coussins et des agenouilloirs toujours visibles en ces lieux. Ça donne envie d’aller voir !

 

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